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© Kerstin Ergenzinger

« Whiskers in Space » de Kerstin Ergenzinger

du 24 au 29 mars
espace albert camus

« Whiskers in Space » de Kerstin Ergenzinger : une installation à découvrir au travers de l’exposition « Matières sensibles ».

Proche de la sculpture, « Whiskers in space » est constituée de hautes herbes artificielles réactives aux mouvements d’air de la pièce d’exposition, émettant elles-mêmes de très légers aléas sonores. Cette installation emplit l’espace d’un jardin artificiel de plantes réagissant à notre présence. L’artiste la voit, cependant, comme des « moustaches de chat ». Elles agissent comme des organes sensoriels et s’adaptent au niveau de l’activité de l’air ambiant. Elles oscillent entre l’interactivité avec les spectateurs, leur oubli ou l’attente. S’instaure alors un jeu d’allers et retours où l’un réagit à la présence de l’autre. Il en résulte une occupation de l’espace toute particulière, entre vibration et méditation. L’indépendance du mouvement de l’installation la dote d’une forme d’intelligence artificielle simple. Simple comme les matériaux utilisés ou la technologie mise en oeuvre. Un robot végétal ou un organisme électronique, agissant sous l’impulsion de son environnement, qu’il soit empli d’humains ou de courants d’air.

« Nous, les humains, faisons partie du système, mais ne sommes pas plus indispensables qu’un mouvement imperceptible ou le mouvement combiné des sculptures elles-mêmes. » K.Ergenzinger

 

La PAROLE est à Kerstin Ergenzinger !

« Deux images, a priori très différentes, me sont venues à l’esprit : des prairies parcourues de vent et un article de recherche en astrophysique publié dans le magazine « Science » en 2008. Dans cet article, des scientifiques rapportent la découverte de minuscules filaments de graphite dans des météorites qui datent de la création du système solaire. Cela a conduit à la théorie des “ filaments de graphite dans l’espace ” qui pourraient absorber la lumière des supernovas, qui influenceraient à leur tour la façon de mesurer la vitesse d’expansion de l’univers. Les distances cosmologiques sont, en général, calculées en mesurant la vitesse de diminution de la lumière des objets distants dans l’espace. Un inexplicable rétrécissement d’explosions stellaires engendrait, ainsi, l’hypothèse que l’expansion de l’univers est en accélération en raison d’une forme d’énergie inconnue appelée énergie noire. Avons-nous donc affaire à une dite énergie obscure ou est-ce simplement de la poussière ?

Les modèles explicatifs, en science, sont en grande partie contre-intuitifs, c’est-à-dire contraires au bon sens, et semblent souvent invraisemblables. Dans ce travail, j’enquête sur l’incertitude humaine vis-à-vis du monde, l’impossibilité ultime d’objectivité, avec, comme objet de travail, les grand prés. Qui vient en premier ? Prairie, vent ou vent, prairie ? Le processus même d’observation nous amène à la confusion : verrait-on le vent sans la prairie ? Est-ce le brin d’herbe qui est mis en mouvement par les mouvements d’air, ou est-ce l’air qui bouge par l’action du brin d’herbe ? Les prés changent de forme avec le vent et modifient la course du vent en retour. Nous savons que la prairie est mise en mouvement par le vent, mais comprenons-nous l’ensemble du système ? »

Kerstin Ergenzinger

 

A noter !

Installation dans le cadre du Parcours d’exposition « Matières sensibles »

Développée en coopération avec Thom Laepple / Production Dynalloy

Dates : du 24 au 29 mars – de 14 h 00 à 18 h 00 et sans interruption jusqu’à la fermeture les soirs de spectacle (24, 26 et 28 mars)

Tout public – Accès libre

Lieu : Espace Albert Camus – 1, rue Maryse Bastié – 69500 BRON

Contact : 04 72 36 14 36

Vous souhaitez une visite guidée du parcours, nous sommes à votre écoute pour l’organiser : 04 72 36 13 21